1. La finance du quotidien : la banque de détail

C’est la finance que tout le monde voit : agences, comptes, cartes, prêts, épargne. On y trouve les métiers de contact direct avec les particuliers et les petites entreprises.

1.1. Agent bancaire / employé au guichet

Rôle central : accueillir, exécuter les opérations simples, sécuriser la relation de base.

  • opérations courantes : dépôts, retraits, virements, ordres permanents ;
  • remise de cartes, gestion de codes, blocages en cas de vol/perte ;
  • information de premier niveau sur les produits (comptes, épargne, banque en ligne) ;
  • orientation vers les conseillers spécialisés pour les crédits, placements, projets plus complexes.

C’est souvent la porte d’entrée dans le métier de banquier : on touche à tout, on apprend les procédures, on comprend les clients.


1.2. Conseiller clientèle particuliers

Mission : suivre un portefeuille de clients privés et les accompagner dans leurs projets.

  • analyse de la situation : revenus, charges, projets à court et moyen terme ;
  • recommandation de produits : comptes, solutions d’épargne, crédits à la consommation, crédit auto, cartes, assurances ;
  • suivi des anomalies : découverts, incidents, difficultés ponctuelles ;
  • objectifs commerciaux à atteindre (nombre de produits, utilisation des services, satisfaction).

C’est un métier à la fois relationnel (confiance, pédagogie) et technique (règles du crédit, calcul des mensualités, contraintes réglementaires).


1.3. Conseiller “patrimonial”, “premium” ou “private”

Mission : gérer des clients plus fortunés, avec des situations plus complexes.

  • vision globale : patrimoine, immobilier, épargne, retraites, transmission ;
  • montage de financements plus importants (résidences principales, secondaires, investissements locatifs) ;
  • coordination avec des spécialistes : gestion de fortune, fiscalistes, assurance-vie, etc. ;
  • relation très long terme, parfois sur plusieurs générations.

C’est le prolongement logique du conseiller particuliers, mais avec plus d’enjeux et plus de complexité.


1.4. Conseiller professionnels / PME

Mission : être le “banquier partenaire” des entrepreneurs et petites entreprises.

  • lecture de bilans, comptes de résultat, plans de trésorerie ;
  • installation de crédits d’exploitation (découvert, ligne de crédit, leasing, factoring), financement d’investissements (machines, locaux) ;
  • mise en place de garanties (hypothèques, nantissements, cautionnements) ;
  • accompagnement dans les phases clés : lancement, croissance, restructuration, transmission.

C’est un métier où l’on mélange finance et compréhension du tissu économique local.


1.5. Responsable / directeur d’agence

Mission : gérer l’agence comme une petite entreprise.

  • animation de l’équipe : agents, conseillers, assistants ;
  • suivi du plan d’objectifs (croissance, rentabilité, risque, satisfaction client) ;
  • gestion des dossiers sensibles, arbitrage sur certains crédits ;
  • représentation de la banque dans le réseau local (associations, clubs d’entrepreneurs, relations avec les autorités).

C’est le niveau où l’on passe de “je gère mes clients” à “je gère une unité avec ses chiffres, son image et ses risques”.


2. Le cœur du sujet : les métiers du crédit

On descend maintenant dans la “colonne vertébrale” du financement : qui monte les dossiers, qui les analyse, qui pilote le risque… et où se positionne le courtier en crédit.

2.1. Conseiller en crédit (particuliers / pros)

Mission : transformer un besoin (acheter une voiture, un logement, financer une machine, rassembler des dettes…) en solution de financement réaliste.

  • collecte des documents : revenus, charges, situation familiale, historique, extraits de registre de crédit, comptes bancaires, bilans d’entreprise, etc. ;
  • simulations : montants, durées, taux, assurances, scénarios possibles ;
  • explication au client : mensualités, coût total du crédit, contraintes, risques ;
  • suivi du dossier jusqu’à validation ou refus.

Selon les structures, ce rôle est tenu par :

  • un conseiller “généraliste” (en banque de détail),
  • ou un spécialiste crédit dédié (crédit conso, hypothécaire, entreprises).

2.2. Analyste crédit

Mission : prendre une décision éclairée sur la base du dossier.

  • étude du profil du client : stabilité des revenus, niveau d’endettement, comportement bancaire ;
  • pour les entreprises : analyse financière, ratios, structure de bilan, dépendance à certains clients ou fournisseurs ;
  • application des règles internes de risque, des limites d’engagement ;
  • rédaction d’un avis : acceptation, refus, acceptation sous conditions (garantie supplémentaire, montant réduit, durée différente).

L’analyste crédit est moins en face-à-face avec le client, mais il est clé dans la qualité du portefeuille de prêts.


2.3. Gestion des risques crédit

Mission : gérer la “photo globale” du risque pour l’établissement.

  • définition des règles d’octroi : seuils d’endettement, catégories de clients acceptés, niveaux de cautionnement, etc. ;
  • suivi des indicateurs : taux de défaut, retards, pertes, provisions ;
  • ajustement des politiques de crédit en fonction de l’environnement économique et des nouvelles réglementations ;
  • dialogue constant avec les équipes commerciales, les analystes, la direction, la conformité.

C’est un métier plus stratégique et plus “macro” que celui d’analyste crédit, qui reste sur des dossiers individuels.


2.4. Recouvrement et contentieux

Mission : gérer ce qui se passe quand le crédit ne se déroule pas normalement.

  • relances amiables : rappels de paiement, négociation d’échéanciers ;
  • identification des situations “rattrapables” et de celles qui basculent en contentieux ;
  • activation des garanties, procédures légales, collaboration avec avocats et huissiers ;
  • tentative de solutions raisonnables pour limiter les dégâts pour le client et pour le prêteur.

Ce sont des métiers souvent difficiles humainement, mais indispensables pour garder un système de crédit fonctionnel.


3. Le courtier en crédit : l’intermédiaire multi-banques

On arrive au point final de ta phrase : “du banc à la mise en concurrence des banques”.

3.1. Positionnement du courtier

Alors que la banque :

  • propose ses propres produits,
  • applique ses propres grilles d’acceptation,

le courtier en crédit se situe au-dessus de plusieurs établissements financiers :

  • il ne prête pas lui-même ;
  • il identifie, pour un client donné, la banque ou l’organisme le plus adapté ;
  • il compare taux, conditions, frais, rapidité… et surtout probabilité d’acceptation.

3.2. Travail concret du courtier

  • analyse détaillée de la situation du client, souvent plus fine et plus informelle qu’en banque (on prend vraiment le temps de comprendre le contexte) ;
  • constitution d’un dossier solide et complet dès le départ (ce qui fait gagner du temps aux partenaires financiers) ;
  • choix des banques / organismes en fonction du profil : situation professionnelle, âge, niveau d’endettement, type de projet, historique de crédit, etc. ;
  • réception des offres, explication transparente au client (taux, durée, coût total, conditions particulières) ;
  • accompagnement jusqu’à la signature et au versement des fonds.

3.3. Rémunération & contraintes

  • le courtier est rémunéré :
    • par les commissions versées par les banques / organismes (une fois le crédit accepté),
    • parfois par des honoraires payés par le client, selon la législation locale ;
  • il doit respecter toutes les règles : protection du consommateur, lutte contre le surendettement, lutte contre le blanchiment, etc. ;
  • sa valeur ajoutée, c’est :
    • la mise en concurrence,
    • la mise en forme du dossier,
    • la négociation,
    • et souvent la pédagogie (le client comprend mieux ce qu’il signe).

En résumé, là où le conseiller bancaire défend surtout l’offre de sa maison, le courtier agit comme un comparateur humain + défenseur des intérêts du client, tout en restant dans le cadre strict des règles de crédit.


4. Épargne, patrimoine et placements : l’autre versant de la finance

Même si tu veux surtout parler du crédit, les métiers de la finance ne se limitent pas à prêter de l’argent. Il y a toute une branche dédiée à faire fructifier l’épargne.

4.1. Conseiller en gestion de patrimoine

  • réalise un diagnostic global : patrimoine, revenus, dettes, retraite future, succession voulue ;
  • propose des stratégies : sécuriser, diversifier, préparer la retraite, protéger la famille, transmettre ;
  • s’appuie sur des produits variés : fonds d’investissement, produits structurés, assurance-vie, immobilier, etc.

4.2. Gérant de portefeuille / gestionnaire d’actifs

  • gère les placements de clients (ou de fonds) selon un mandat précis : prudent, équilibré, dynamique ;
  • arbitre entre actions, obligations, liquidités, autres classes d’actifs ;
  • suit les marchés, commente les résultats, rend compte de sa gestion.

4.3. Analyste financier

  • décortique les entreprises et les secteurs ;
  • produit des recommandations (acheter, conserver, vendre) ;
  • alimente le travail des gérants, des banques, des investisseurs.

5. Fonctions supports et finance “nouvelle génération”

Pour que tout ça tourne, d’autres métiers sont essentiels :

  • Conformité (compliance) : vérifie que tout respecte les lois, la réglementation, les procédures ;
  • Audit interne : contrôle que ce qui est prévu est vraiment appliqué ;
  • Contrôle de gestion bancaire, trésorerie, ALM : surveille la rentabilité, la liquidité, l’équilibre global ;
  • Fintech, data, produits digitaux : créent les simulateurs de crédit, les app bancaires, les parcours clients en ligne, les algorithmes de scoring, etc.

6. “De l’agent bancaire au courtier en crédit” : trajectoire possible

Si on regarde ce chemin comme une progression de carrière possible :

  1. Agent bancaire : tu apprends les bases, les opérations simples, le contact client.
  2. Conseiller particuliers : tu entres pleinement dans la relation financière et le conseil, notamment en crédit.
  3. Conseiller spécialisé crédit / immobilier / PME : tu deviens expert d’un type de financement.
  4. Analyste crédit ou gestionnaire de risque : tu passes du côté “décision” et “sécurisation”.
  5. Courtier en crédit : tu t’installes comme intermédiaire multi-banques, avec une vision globale du marché et un rôle de conseil indépendant.

On peut ainsi raconter la finance non pas comme une forêt de métiers abstraits, mais comme un chemin continu qui va :

du guichet où l’on dépose un billet,
à l’analyste qui décide si un projet tient la route,
jusqu’au courtier qui optimise tout le montage pour le client.